De rookie à recrue de l’année à Manchester City, Rayan Cherki a déjà mis la Premier League à ses pieds
Rayan Cherki a bouclé sa première saison en Premier League. Et on peut dire que le Français s’est adapté avec une aisance déconcertante, lui qui a quitté son cocon lyonnais il y a moins d’un an. De l’autre côté de La Manche, on est déjà conquis par le footballeur de 22 ans.
Rayan Cherki a un grand cœur. L’Olympique Lyonnais y occupe une place très importante. C’est là-bas qu’il s’est révélé avant de devenir footballeur professionnel. Alors, quand il a fallu faire ses adieux ou plutôt dire au revoir car il a promis qu’il reviendrait un jour entre Rhône et Saône, l’émotion était palpable. «Des émotions par milliers, des souvenirs par centaines et une empreinte indélébile dans le cœur. Aucun discours ne pourrait réellement retranscrire tout ce qui traverse mon esprit au moment de laisser ce maillot et ce blason frappé du lion que j’ai portés avant tant de fierté durant presque 15 années (…) Merci également au président Jean-Michel Aulas de m’avoir offert l’opportunité de vivre cette aventure avec mon club, mon club celui de mon cœur et de ma ville (…) Parce qu’on naît Lyonnais et on meurt Lyonnais.»
C’est avec l’OL dans le cœur et dans la tête qu’il est parti écrire un nouveau chapitre de son histoire à Manchester City, sous l’œil bienveillant mais exigeant de Pep Guardiola. Un entraîneur qui a su le cerner, là où d’autres ont échoué. Sous ses ordres et entouré de joueurs d’expérience et de talent tel qu’Erling Haaland avec lequel il a noué un vrai lien, le natif de Lyon a vécu sa première année à Manchester City. Bien qu’il soit un bleu, le footballeur né en 2003 a su tirer son épingle du jeu. Il a terminé son premier exercice avec un joli bilan de 10 buts et 15 assists en 52 apparitions toutes compétitions confondues, dont 30 dans la peau d’un titulaire (2854 minutes de jeu). Son bilan est plus que correct et même positif pour une recrue aussi jeune. D’autant que Guardiola l’a parfois moins utilisé, alors qu’il ne déméritait pas. Mais la patience fait aussi partie de l’apprentissage.
Une première année validée
Cherki a tout encaissé sans broncher. Même quand le presse anglaise, qui est pourtant réputée difficile, était de son côté car elle ne comprenait pas la gestion de Pep Guardiola. En un peu moins d’un an, le Frenchy a beaucoup appris et grandi en jouant des compétitions prestigieuses comme la Ligue des Champions ou la Premier League. Il a d’ailleurs été salué par ses pairs puisqu’il est nommé pour le titre de meilleur joueur U23 de la saison en Angleterre. Il est en compétition avec 7 autres joueurs dont son coéquipier Nico O’Reilly, Eli Junior Kroupi (Bournemouth) ou encore Kobbie Mainoo (Man Utd). Ce n’est pas la seule et unique catégorie où l’ancien Gone est nommé. Mercredi dernier, il a été nommé pour le titre de recrue de la saison en Premier League. Il était à la lutte avec Dominic Calvert-Lewin (Leeds), Victor Gyökeres (Arsenal), João Pedro (Chelsea), Antoine Semenyo (Man City), Adrien Truffert (Bournemouth), Granit Xhaka (Sunderland) et Senne Lemmens (MU), qui a été élu.
Concernant Cherki (33 matches, 20 victoires, 8 nuls, 5 défaites, 4 buts, 12 passes décisives en championnat), le site officiel de la PL a tout de même été dithyrambique. «L’ailier français de Manchester City a brillé lors de sa première saison en Premier League après son arrivée en provenance de Lyon cet été. Cherki a enchaîné les buts et les gestes techniques de grande qualité, contribuant largement à la lutte acharnée de son équipe contre Arsenal dans la course au titre. Parmi ses plus belles actions, on retiendra notamment un superbe but en solitaire face à Arsenal et un centre en rabona pour Phil Foden contre Sunderland.» Pour The Athletic, il fait clairement partie des meilleurs transferts de la saison en Angleterre en 2025-26. Le média britannique l’a classé en deuxième position de son classement sur les 189 recrues de l’année. Seul Granit Xhaka, passé de Leverkusen à Sunderland, a séduit un peu plus.
Cherki fait déjà forte impression
Mais Rayan Cherki a vraiment bluffé The Athletic. «Premières impressions : un vol potentiel — il pourrait valoir cinq fois plus en trois ans. Verdict : Dix buts et 15 passes décisives, mais le jeu de ce gars n’a rien à voir avec les chiffres. Il y a un argument pour qualifier Cherki de meilleur footballeur — au sens strict du terme — de toute la division. Un maestro talentueux capable de gagner n’importe quel match à lui seul et un footballeur qui réchauffe votre cœur et vous fait sourire. Ajoutez à cela les frais relativement bas, et c’était une affaire formidable sous tous les critères.» En effet, la publication rappelle qu’il n’a coûté "que" 42,5 M€ dont 6 M€ de bonus. Une véritable affaire quand on sait qu’un Florian Wirtz a coûté bien plus cher et a connu plus de difficultés chez les Reds. Manchester City peut se frotter les mains avec Cherki, qui récolte aussi des compliments du Manchester Evening News.
Le média anglais lui a donné un 8 pour l’ensemble de sa première saison. Ce qui est une très bonne note. «Il a su s’imposer rapidement, mais sa régularité et son efficacité n’ont cessé de croître, et il a été exceptionnel pendant un mois en fin de saison. Des statistiques remarquables pour sa première année en Angleterre, et il est encore assez jeune pour progresser», a ajouté le MEN. Journaliste spécialiste du football anglais, Salim Baungally est également conquis par cette première année. «Il y avait beaucoup d’attentes autour de ce joueur qui arrivait à City dans l’équipe de Pep Guardiola. Sa première partie de saison a été plutôt bonne et logique. Vu de France, on pouvait se dire que c’était une gestion très bizarre de la part de Guardiola. Un coup, il jouait, une autre fois, non. Mais c’est la gestion de Guardiola. Il l’a souvent fait même avec des joueurs qui avaient prouvé leurs qualités comme Bernardo Silva, Riyad Mahrez. Parfois, c’était étonnant et on pouvait se demander s’il avait un souci avec le joueur.»
Des Skyblues aux Bleus
Il poursuit : «mais ce n’était pas le cas. Guardiola aime prendre son temps avec le joueur et lui permettre d’appréhender les choses, notamment la façon de jouer de l’équipe. Cherki est devenu un joueur cadre et clé. Il pouvait jouer à droite ou derrière l’attaquant. A ce petit jeu, il a montré son importance avec des buts et des passes décisives, notamment pour Erling Haaland. L’une des grandes satisfactions de la saison, c’est la relation qu’il a avec le Norvégien. Il y a un feeling très intéressant entre les deux. Ils donnent l’impression de vraiment apprécier jouer ensemble. Cherki avec Haaland peuvent vraiment former le duo de City. Cherki est devenu celui qui réussit enfin à remplacer De Bruyne à City (par rapport à la relation avec Haaland, ndlr).» A présent, Cherki, qui est la recrue de l’année à City, sera attendu pour confirmer lors de sa deuxième saison en Angleterre. Cette fois-ci, il ne pourra plus compter sur les précieux conseils de Pep Guardiola, qui a tiré sa révérence après une décennie à City. Il va devoir avancer avec Enzo Maresca, attendu pour prendre le relais.
Ce sera un autre style, mais aussi une autre occasion d’apprendre pour Cherki, qui a déjà croisé la route de Peter Bosz, Laurent Blanc, Rudi Garcia, Fabio Grosso, Pierre Sage ou encore Paulo Fonseca durant son passage entre Rhône et Saône. Il évolue aussi sous les ordres de Didier Deschamps depuis quelques mois. Le sélectionneur comptera sur lui durant la Coupe du Monde 2026. La première de Rayan Cherki avec les Bleus. Mais il a déjà prouvé que la pression glissait sur lui et qu’il est tout à fait capable de répondre présent quand le niveau se hisse. Il espère soulever un nouveau trophée le 19 juillet prochain après avoir remporté la FA Cup et la Carabao Cup cette saison avec City. Ce qu’il a bien fêté avec le club et ses coéquipiers. On a d’ailleurs pu constater ses progrès en anglais. Malgré cette folle année, Cherki n’a pas oublié l’OL. En février, il s’est rendu au chevet d’enfants malades à Lyon. En mai, il a fait venir des enfants malades ainsi que leurs familles, des médecins et des bénévoles. Il a aussi accueilli deux intendants de l’OL à l’Etihad Stadium il y a quelques jours. En plus d’avoir des pieds en or, Rayan Cherki a aussi un grand cœur.
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